2025#2

Ce deuxième opus de l’été présente les œuvres de cinq artistes, Rowena Dring (artiste textile), Valérie Hermans (céramiste), Michel Perot (peintre), Jean Girel (céramiste) et Hervé Rousseau (céramiste)

Rowena Dring | Jean Girel | Valérie Hermans | Michel Perot | Hervé Rousseau
19 juillet–22 août 2025
Commissariat par Stéphanie Le Follic-Hadida

Jean Girel, maître d’art, passionné par la céramique des SONG (Chine XIIe-XIIIe siècles), transcripteur zélé des recettes d’émaillage de Jean Carriès (fin XIXe), concepteur de fours écologiques, reconnu internationalement pour la virtuosité de ses émaux et sa connaissance profonde, inégalée, des phénomènes physico-chimiques déployés au passage au feu. Depuis deux ans, et après avoir démontré qu’il était à peu près capable de faire sortir de la matière n’importe quel effet attendu, il quitte l’illusionnisme au profit d’une création libre et d’ordre pictural.

À ses côtés, dans l’atelier et dans la vie, Valérie Hermans, dont le travail se segmente en cycles, manifeste un attachement très fort au matériau porcelaine, au tournage et à la respiration qui l’accompagne. Elle produit des pièces rares, fines, précises, précieuses, d’une esthétique très asiatique et proches de la manière dont elle pratiqua par le passé l’art de la calligraphie. Ses dernières séries, diversement irisées, cuivrées, métallescentes, aux accents gris, puis rosés, puis bleutés, jouent à l’infini et par éclats avec la lumière.

Les magnifiques grandes pièces en grès et cuites au bois d’Hervé Rousseau, artiste majeur du haut centre céramique de La Borne, dans le Cher, déjà présentées lors de la première exposition de la saison, sont maintenues en place jusqu’au 22 août. Foulée aux pieds à un rythme régulier, reposé, méditatif presque, l’argile témoigne de cette gestuelle puissante et douce. Le feu fait le reste.

À leurs côtés, un peintre figuratif, Michel Perot, adepte de l’aquarelle sur grands formats. Son sujet n’est pas d’exalter la beauté immaculée de la nature, mais bien plus d’aller fouiller dans ses brèches, dans les ruptures acides et dérangeantes des dents creuses et des décharges urbaines. Les rails, les câbles en guise de lignes de fuite, le métal hurlant au soleil des gares désaffectées, les ports moribonds, les ciels chargés lui plaisent également beaucoup.

Rowena Dring, enfin, travaille le textile en combinant les techniques de photographie, de peinture, de collage de tissus cousus, de travail à l’aiguille et de montage. Ses toiles monumentales rappellent les peintures élaborées par aplats de couleur, les gravures sur bois et les eaux-fortes. Elles représentent des paysages idylliques d’une nature volontiers romantique mais souvent perturbée par l’intrusion d’éléments modernes ou industriels. Par son côté ‘travaux d’aiguille’, son art explore également la question féministe.