2025#3

Artbausa conclut sa première saison avec panache en invitant quatre artistes majeurs: Nicolas Fédorenko, Stéphane Pencréac’h, Laurent Esquerré et Kee-Tea Rha. Tous empruntent la voie d’une figuration contrariée par le trouble, l’ambivalence, un caractère énigmatique.

Laurent Esquerré | Nicolas Fedorenko | Stéphane Pencréac’h | Kee-Tea Rha
27 août –27 septembre 2025
Commissariat par Stéphanie Le Follic-Hadida

Kee-Tea Rha est un artiste d’origine coréenne vivant en France. Il procède par installations. Il traite de la société et de ses dysfonctionnements, jette un regard cru sur la frénésie absurde qui guide nos sociétés dites développées, interroge l’obsolescence du faire. Kee-Tea Rha a le don de fixer des scènes en usant du vide sans jamais rien céder aux exigences d’une esthétique ciselée et envoûtante.

Laurent Esquerré enseigne la sculpture à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il y a chez lui ce souci de l’élan généreux, dans le verbe et dans la main. Ses formes tiennent autant du Symbolisme que de l’Expressionnisme. Elles naissent d’un modelage rapide et éruptif, d’une aisance bouleversante. Elles disent autre chose en plus que ce qu’elles donnent à voir et se lisent sous l’angle de l’anamorphose.

Place aux peintures de Nicolas Fédorenko*, aussi graveur, sculpteur, céramiste et auteur de mobilier urbain pour la ville de Nantes et de très remarqués vitraux pour deux chapelles du Finistère. Au tournant des années 2000, Nicolas Fédorenko a effectué un virage vers la figuration. Son expression artistique repose sur une connaissance fine de la peinture et de la pensée des siècles précédents. Son propos suggère, s’appuie, « fait allusion à ».
Chez Nicolas Fédorenko rien ne surgit de rien. Il convient de décrypter les strates et éléments qui s’ajoutent les uns aux autres dans un cadre puissant et tenu.

« Le premier effet de la peinture de Stéphane Pencréac’h est de nous livrer au trouble. […] Ce trouble n’est pas une réaction à des situations, des personnages, ou à l’obscur qui travaille et baigne ses tableaux, mais l’expression envoûtante d’une vision. Elle nous invite sans cesse au déséquilibre entre les effets d’une société, d’une histoire et des « scènes » profondément intimes, tributaires des secrets et des pulsions. Les uns et les autres manifestent les interdits, les refoulements, les transgressions et, dans leur dramaturgie, s’échappe la vérité en position d’énigme construisant ses tableaux. Stéphane Pencréac’h est un peintre d’histoire empruntant ses narrations à différentes cultures, différentes civilisations, et un peintre « à l’écoute » de ses fantaisies, ses fantasmagories. » (Extrait du texte d’Olivier Kaeppelin, « La Vérité » in Stéphane Pencréac’h Et caetera, ed. Lord Byron, 2022, p.9.)

*Artbausa est partenaire de l’exposition « Reflets joyeux d’un état sombre », 1er juillet-26 octobre 2025, Chapelle des Ursulines, Quimperlé.